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TRACER LES FRONTIERES : UN ACTE GEOPOLITIQUE ?

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Tracer les frontières : un acte géopolitique ?

Pour Régis Debray, tout peuple a besoin d’une carte et d’une légende. La légende s’apparente aux grands mythes fondateurs.tandis que la carte renvoie plus directement à la délimitation frontalière d’un espace de vie. Dans son œuvre, L’éloge des frontières, la frontière est un système poreux à l’image de la peau à l’échelle individuelle. A la fois, protection, filtre mais aussi interface entre le dedans et le dehors, elle rend possible la vie. Si la frontière est parfois symbolique, désignant un inter et un exter (porche, haie, autels religieux),.elle est avant tout un concept géopolitique qui renvoie à la délimitation d’un territoire comme lieu de développement d’un peuple et potentiellement d’une nation. Tracer les frontières : un acte géopolitique ?

En quoi l’établissement d’une frontière est-elle un marqueur de puissance dans le cadre des relations internationales ?

 

I / La délimitation de la frontière comme affirmation des états

 

A/ L’affirmation des États comme construction politique et géopolitique

–       La construction de l’État nation est avant tout un fait géographique : frontière naturelle pour les espaces insulaires ou bien construction administrative et géopolitique pour les espaces terrestres. La notion de citoyenneté en France renvoie d’ailleurs à la notion de « droit du sol ».

–       La frontière permet l’affirmation de la nation par la guerre (guerres révolutionnaires pour la France, guerre franco-prussienne pour l’Allemagne)

–       Inversement l’impuissance géopolitique correspond à l’expression d’un « peuple sans terre » à l’image d’une diaspora dispersée : les juifs au lendemain de la guerre avant la résolution de 1947 ou encore aujourd’hui les palestiniens réduits au statut politique d’autorité et non plus d’état du fait entre autres d’une non-reconnaissance des territoires palestiniens.

 

B/ La frontière au service d’échanges transfrontaliers

–       La fixation d’une frontière entre deux États, permet la construction de deux entités politiques au cœur des relations internationales. La relation internationale signifiant comme son nom l’indique « entre les nations ».

–       La délimitation favorise le partage et l’échange, comme l’explique Debray, se refuser à délimiter signifie se refuser à partager (on découpe un gâteau pour pouvoir en distribuer les parts)

–       Le système frontalier conçu comme limite permet d’entrevoir des modalités d’échanges transfrontaliers pacifiques (zones économiques, partenariat, droit d’asile etc.)

 

II/ La frontière mouvante au service d’un système impérialTracer les frontières : un acte géopolitique ?

 

A/L’empire ou la fédération 

–       La frontière peut néanmoins être comprise dans le concept romain de « limes », cette délimitation s’apparente plutôt à une « zone de défense » qui en réalité à vocation à s’étendre. L’empire pourrait donc se définir comme un système politique de frontière mouvante qui vise à l’universel.

–       Le développement d’une frontière impériale mouvante provoque à l’intérieur du système impériale la disparition des frontières nationales et/ou ethniques comme on peut le constater sous l’empire Ottoman par exemple, divisés en vilayets (sorte de départements) mais refusant la reconnaissance de facto et juridique d’états souverains.

–       La fédération semble correspondre à un entre deux, entre système national délimité et acceptation d’une échelle supérieure de gouvernement, à l’image des États-Unis ou encore de la Fédération de Russie.

 

B/ La colonisation ou le partage du territoire

–       Tracer des frontières revient donc à avoir un contrôle sur les populations qui vivent sur un territoire en désignant l’espace de vie dans lequel elles vont devoir évoluer même si d’un point de vue ethnico-historique règne de nombreuses incohérences (conférences de Berlin et colonisation).

–       Elles peuvent être facteur de tension entre deux États – rivalité coloniale – (France et GB) dans la délimitation des frontières d’un espace colonial, preuve que la puissance au XIXème siècle surtout, s’apparentait à la capacité d’imposer ses volontés frontalières. On pense notamment à la crise de Fachoda entre l’Empire français de l’Afrique occidental et équatorial.– horizontal et l’Empire britannique allant du Cap au Caire – vertical).

–       C’est également un acte d’affaiblissement de la souveraineté pour des nations constituées, comme le prouve les différents traités aux sorti de la première guerre mondiale (traité de Trianon, St germain, Versailles, Lausanne etc.).

 

 

III/ La frontière comme rempart géopolitiqueTracer les frontières : un acte géopolitique ?

Tracer les frontières : un acte géopolitique ?

A/ Systèmes géopolitiques antagonistes

–       La frontière s’apparente parfois à un front qui marque pour l’occasion une délimitation stricte et infranchissable, parfois elle-même séparée une DMZ (zone démilitarisée). La séparation de pays dans le cadre de la guerre froide montre.que des oppositions idéologiques se concrétisent géopolitiquement par des affrontements et/ou des lignes de front. On pense bien évidemment au cas de la Corée du nord.et du sud au 38eme parallèle ou bien au mur de Berlin séparant la zone occidentale et la zone communiste.

–       La profusion de frontière militaire s’apparente parfois à un phénomène de balkanisation, c’est-à-dire un processus de fragmentation et de division d’une région ou d’un État en des États et régions plus petits et souvent hostiles les uns envers les autres. Des tensions durables s’inscrivent alors entre ces nouvelles zones étatiques et idéologiques.

 

B/ Le protectionnisme à l’heure de la mondialisationTracer les frontières : un acte géopolitique ?

–       Outre la délimitation stricte et militaire, la mondialisation offre la possibilité de construire des frontières immatérielles pour se protéger ou se replier sur son marché intérieur. On parle alors de taxe douanière et normatives, de guerre des changes, ou de protectionnisme gris. Tous ces outils contribuent à se protéger de la mondialisation qui postule l’effacement des frontières au profit du «.libre-échange » et du « laissez faire » en matière d’interventionnisme étatique et donc frontalier.

–       Le refus de tracer des frontières portées par des entreprises (au nom de l’exode fiscale) , des ONG (au nom des droit de l’homme) ou encore des individus ( au nom de la liberté de mouvement absolu) à des conséquences géopolitiques et politiques majeurs, à savoir dans l’ordre : baisse des prélèvements fiscaux et délitement du système social, immigrationnisme désavouant le principe précieux de « droit d’asile » ou encore affaiblissement des États au profit des mafias transfrontalières (esclavage, trafic d’être humain et d’armes) en témoigne l’effondrement de la Yougoslavie ou plus récemment de la Lybie.

 

La frontière est une notion géopolitique fondamentale qui permet la construction.des acteurs principaux des relations internationales, à savoir les États.et défini également le type de relation qu’ils entretiennent, pacifiques, impériales, coloniales, libérales ou encore protectionnistes. Cette notion à également un rôle clef dans la définition de l’individu et son rapport à la nation, à la fois Menaçante et protectrice, elles cristallisent les « deux manières de se perdre » définies par Aimé Césaire, « par ségrégation murée dans le particulier et par dilution dans l’universel. »

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