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Dissertation : Julien Sorel est-il un héros romantique ?

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Julien Sorel est – il un héros romantique ? 

 

I/ Un héros romantique

 

A) L’expression du mal du siècle

  • Alfred de Musset dans son œuvre la confession d’n enfant du siècle publiée en 1836 évoque le mal du siècle pour caractériser son époque. Ce mal du siècle s’incarne par une prépondérance du moi et un sentiment d’ennui et de nostalgie qui hante les esprits de sa génération. Julien Sorel apparait dans le Rouge et le noir comme l’incarnation de ces personnages romantiques hantés par un idéal révolu. Son amour de la gloire napoléonienne le tire vers le haut, tout au long du roman, Il lit régulièrement Le Mémorial de Sainte Hélène, qui se présente comme un guide spirituel.

 

  • En effet, Julien Sorel rêve de l’uniforme, d’être un soldat de Napoléon, en témoigne son bonheur quand il assiste au défilé à Verrières et se voit nommé garde d’honneur : « Son bonheur n’eut plus de bornes, lorsque passant près du vieux rempart, le bruit de la petite pièce de canon fit sauter son cheval hors du rang. Par un grand hasard, il ne tomba pas, de ce moment il se sentit un héros. Il était officier d’ordonnance de Napoléon et chargeait une batterie. »(Chapitre XVII). On perçoit chez Julien Sorel cette dimension hautaine, altière particulièrement sensible à la « magnificence mélancolique ».

 

  • Néanmoins, cet espoir militaire sera vite brisé, sous la Restauration on ne peut plus espérer monter dans la hiérarchie qu’en se pliant à ses règles (soit par mariage avec Mathilde mais au dépend du bon vouloir du Marquis, soit par carrière ecclésiatique , un choix qui lui déplaît et qui n’est pas sincère). Julien Sorel se résigne, il se sent exilé dans cette époque à l’image de toute une génération de romantique.

 

B) La solitude de Julien Sorel

 

  • Outre sa nostalgie de l’Empire, Julien Sorel apparait familialement et socialement en décalage avec son milieu puisqu’il n’est ni accepté par son père ni ses frères. On peut le remarquer à son gout de la lecture et même par son physique frêle. Au chapitre IV, il est décrit en ces termes : « Dès sa première jeunesse, son air extrêmement pensif et sa grande pâleur avaient donné l’idée à son père qu’il ne vivrait pas, ou qu’il vivrait pour être une charge à sa famille. Objet des mépris de tous à maison, il haïssait ses frères et son père ; dans les jeux du dimanche, sur la place publique, il était toujours battu. »

 

  • Ainsi, il cultive se gout pour la solitude et plus encore pour l’individu seul contemplatif de la nature. Ce topos lyrique s’exprime dans le chapitre XII, lorsqu’il est confronté́ au paysage de la Montagne, dans sa grotte. Son âme est emportée par un élan passionné ; notre personnage est confronté́ au paysage état d’âme.

 

  • Enfin, son comportement dans sa prison à la fin s’apparente à celui d’un ermite non dénué́ d’une certaine sainteté Il accepte sa condamnation à mort, et ne se révolte pas, comme pour se racheter de ses défauts et de ses fautes. Il pardonne à tous et même à son père le mal qu’on a pu lui faire. Une forme de rédemption s’offre à lui par l’amour désintéressé qu’il éprouve pour Mme de Rénal.

C) Un personnage aux sentiments passionnés

 

  • En effet, la caractéristique première du héros romantique, s’incarne par des sentiments amoureux passionnés. Si Julien Sorel entrevoit les rapports aux femmes sous l’angle de la conquête d’abord, puis sous celui du sentiment, le passage de l’un à l’autre se fait rapidement. Dans la 1ere partie, il se laisse emporter par le plaisir de son geste quand il tient la main de Mme de Rénal « Julien ne pensait plus à sa noire ambition(…) Pour la première fois de sa vie, il était entrainé́ par le pouvoir de la beauté́.

 

  • Réciproquement, La première partie du roman illustre un amour qui devient passionné entre Julien et Madame de Rénal. C’est un amour adultère car Madame de Rénal trompe son mari. On découvre que celle-ci n’aime pas son époux et semble découvrir la tendresse et le bonheur avec Julien. Cet amour suprême correspond à ce que Stendhal nomme la cristallisation amoureuse. L’amour adultère fait ressortir la puissance du sentiment et de la passion.

 

  • Plus largement, il est un personnage passionné qui manie les hyperboles ; à la fin du chapitre XIII du livre second, le narrateur précise : « jamais la musique ne l’avait exalté à ce point. Il était un dieu. » Ce caractère passionné fut la clef de la séduction de Mathilde de La Mole, lorsque dans un mouvement de colère, il semble prêt à la tuer.

 

Si Julien Sorel apparait comme disposant de l’ensemble des caractéristiques propres au héros romantique, celui-ci s’avère être un personnage plus complexe, reflet d’une époque hypocrite et ambitieuse.

 

II/ Un désir de parvenir

 

A) Fuir ses déterminations sociales

 

  • Julien Sorel est issu d’un milieu social provincial et même campagnard. Il est fils de charpentier dans une petite ville de province qui évolue dans la France de la première moitié du XIXe (effets de réel). Par conséquent, il méconnait les convenances et ses manières trahissent son origine, par exemple lorsqu’une question de Mme de Rénal le désarçonne au chapitre XIV : « Il fut gauche et s’exagéra sa gaucherie »

 

  • Ce dernier commence en étant un illustre inconnu, l’obligeant à devenir précepteur au sein d’une famille bourgeoise : les de Rénal puis en s’engageant en tant que séminariste à Besançon (capitale de province) pour enfin devenir secrétaire pour s’introduire dans les milieux de l’aristocratie parisienne. Ce désir de parvenir l’oblige à intégrer progressivement différents univers, faisant de cet ouvrage un réel roman de formation.

 

  • Pour y parvenir, Julien Sorel à recours à des adjuvants qui le guident, preuve que sa solitude n’est pas totale. C’est par exemple le cas de Korasoff : « Vous n’avez pas compris votre siècle, lui disait le prince. Faites toujours le contraire de ce qu’on attend de vous. Voilà, d’honneur, la seule religion de l’époque ». Ces conseils vont être décisifs par la suite pour Julien Sorel.

 

B) Un anti-héros calculateur

 

  • On comprend alors que ce désir de parvenir s’exprime régulièrement dans ses pensées. Il souhaite montrer ce dont il est capable, qu’il est plus qu’un fils de charpentier (au risque d’être hypocrite pour y parvenir). Julien cache ainsi sa passion pour Napoléon une grande partie du roman car sous la Restauration la Noblesse est bien sûr royaliste. Il fait croire à sa foi, mais ne cesse d’hésiter entre la carrière de prêtre et celle de militaire.

 

  • En outre, il n’est pas au départ du roman amoureux de Mme de Rênal. Il est amoureux par hypocrisie et calcul. Le défi de lui prendre la main qu’il se lance touche à de l’orgueil. Il compare son audace à celle de Napoléon : Chap XI. «A force de songer aux victoires de Napoléon, il avait vu quelque chose de nouveau à la sienne ». Plus globalement, il méprise Les Rênal pour leur richesse et devient injuste avec eux, au point d’utiliser cette rage pour séduire Mme de Rênal.

 

  • On remarque aussi du calcul et de la séduction auprès de Mathilde, pour laquelle il n’éprouve rien d’abord. Il craint sans cesse les autres prétendants de Mathilde et des complots contre lui, il prend alors soin d’envoyer les lettres et les papiers compromettants sur cette amour à son ami Fouquet pour assurer ses arrières.

 

C) « Chronique de 1830 »

 

  • Les sous titres de ce roman «  Chronique du XIXème siècle » « chronique de 1830 » traduisent cette volonté d’ancrer le roman et le personnage dans le réel. Le personnage devient le prétexte pour évoquer les grands évènements de cette époque comme le prouve la référence à Hernani, célèbre pièce de Victor Hugo. On le perçoit également comme subissant des évènements extérieurs qu’il ne maitrise pas.

 

  • Cette ambition s’exprime dans l’écriture , on retrouve non pas un narrateur omniscient mais plutôt un réalisme subjectif qui nous fait entrevoir les événement par l’intermédiaire de Julien Sorel mais dans le but de décrire le réel. Pour Stendhal, rappelons que le roman est « un miroir qui se promène sur une grande route. Tantôt il reflète à vos yeux l’azur des cieux, tantôt la fange des bourbiers de la route. »

 

  • Il s’agit pour Stendhal de peindre une société sans l’idéaliser. On assiste dans cet ouvrage à l’entrée en littérature du peuple : il ne s’agit plus d’un personnage idéalisé mais plutôt inspiré de faits divers (Berthet et Delamare). A ce titre Julien Sorel sera très réaliste, voir immoral dans ses rapports sociaux : trompe les hommes qui l’emploient, faire un enfant à Mathilde pour un titre etc…Outre le personnage de Julien Sorel, les thèmes importants sont ceux de l’argent, i de la religion, i de la lutte des classes.

 

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