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Fiche de lecture

Géopolitique de la France – Pascal Gauchon

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Ci dessous, le résumé des deux premiers chapitres de l’oeuvre de Pascal Gauchon , intitulée  « Géopolitique de la France – Plaidoyer pour la puissance » 

CHAPITRE 1 : Un hexagone, un isthme et 15 milliards de tombes

La mémoire des cartes

La France a une histoire que l’on présente parfois comme un roman national, un mythe, une pure construction intellectuelle. Citant P. Chaunu, P. Gauchon nous rappelle que « l’on choisit ses ancêtres plus encore que ses amis » et qu’il est nécessaire d’assumer certains anachronismes. Outre son histoire, la France est également une géographie, un ensemble de cartes qui permettent de dessiner un imaginaire du territoire français.
D’ailleurs, seul au monde ou presque, les français assimilent leur pays à une figure géométrique, l’hexagone. La France n’est pas née des caprices des natures mais d’une construction volontaire.

On remarque que la France se caractérise par la diversité des milieux que lui offre son territoire : océanique à l’ouest, semi-continental à l’Est, méditerranéen au sud. Par conséquent, les activités y sont variées : grandes cultures, bassins sédimentaires (céréales, betteraves à sucre), arboriculture du midi, horticulture des cotes atlantiques, élevage dans les plateaux du Jura. Cet équilibre est représenté par sa position au niveau du 45ème parallèle, à équidistance entre le pôle nord et l’équateur, en zone tempérée. Si le sol français est riche, le sous sol quant à lui est appauvri : La dernière mine de fer lorrain ferme en 1998, celle d’uranium en 2001 à Jouac, celle de charbon à la Houve en 2004. Pour autant le sel de lorraine, les hydrocarbures et demain peut être le gaz de schiste restent des activités potentiellement intéressantes à exploiter.

De la charrue gauloise au TGV

Si P. Gauchon insiste également sur la longue généalogie française en reprenant les propos de P. Chaunu ; « 300 morts pour un vivant, le record de l’enracinement », France n’en est pas moins également remarquable par son étendue.

Cette étendue est reliée par des infrastructures particulièrement développées. Le réseau de transport français est le fruit d’une succession d’étapes. Des 1716, le service des ponts et chaussées est crée avec son école éponyme en 1747. Le réseau de route royal puis impérial deviendra finalement national avec la république. En 1879, la loi Freycinet prévoit de desservir toutes les sous préfectures. Au début du XXème siècle, le réseau routier atteint alors 600 000 km et le réseau de chemin de fer 50 000 km. La création de la SNCF en 1937, d’Air France en 1948 et la réalisation du tunnel du mont blanc en 1965, du tunnel sous la manche en 1994 ou encore du viaduc de Millau en 2004 s’inscrivent dans ce maillage territorial, national et international. Malgré ces prouesses techniques, des manquements persistent. On constate par exemple que les lignes TER et le FRET sont délaissées au profit du TGV ou encore que la voie d’eau intérieure n’a pas été modernisée, en témoigne le manque de liaisons entre les différents bassins fluviaux.

Du territoire à la géopolitique

Actuellement, la France compte 6 ports autonomes (Marseille, Dunkerque, Le Havre, Rouen, Nantes,Bordeaux). La France métropolitaine dispose de trois frontières maritimes (mer du nord, atlantique et méditerranée) et trois frontières terrestres (ibérique, italienne, germanique). Ainsi, notre territoire permet de relier un certains nombres de pays européens. Enfin, bien que démographiquement et territorialement la France ait proportionnellement « décliné » par rapport à bon nombre d’autres pays, elle reste forte d’un souvenir, d’une nostalgie d’un passé glorieux, notamment lorsque ses idées et son armée dominaient l’Europe lors la période révolutionnaire de 1789 et de l’épopée napoléonienne. On comprend ainsi que la France est grande en Europe et moyenne dans le monde, d’où l’expression de « grande puissance moyenne ».

La France est également présente sur les cinq continents. Hérités de notre ancien empire colonial, les « confettis de l’Empire » font que nous possédons la seconde zone économique exclusive mondiale : 11 millions de km2 dont 300 00 seulement en Europe et le reste grâce à nos territoires d’outremer. Représentant une superficie de 550 000km2 et une population totale de 2,5 millions d’habitants, ces territoires offrent une capacité de projection militaire à la France mais aussi une base spatiale stratégique à Kourou en Guyane pour le lancement des fusées Ariane. Evoquons également la Polynésie ou la France a expérimenté ses essais nucléaires jusqu’à la présidence de J. Chirac. Pour autant, il convient de désigner aussi les faiblesses de ces territoires d’outre mer : coût budgétaire, accusation de néocolonialisme, conflits internes.

 

CHAPITRE 2 : Ce cher et vieux pays

Survol de la géopolitique française au XIX et XXème siècle

Le bilan est désastreux en 1815, la France n’a rien conservé des conquêtes antérieures et retrouve ses limites de 1789. Plus de vingt ans de guerre ont couté un million de morts, estiment les historiens, et la démographie française ne s’en relèvera pas. La France a perdu son statut de
première puissance européenne et ne le retrouvera plus – malgré l’illusion de la Victoire de 1919. En parodiant la formule de Valery Giscard d’Estaing déjà citée, on pourrait dire qu’elle n’est pas encore une « grande puissance moyenne », mais déjà une « moyenne grande puissance ».
Sur le plan économique, la révolution industrielle française date des années 1840. Elle est deuxième après le Royaume-Uni mais vite dépassée par l’Allemagne et les USA. D’un point de vue géopolitique, la France favorise l’unité allemande qui développe une realpolitik redoutable grâce à Bismarck. La défaite française de 1871 marque la supériorité allemande sur la France. Pourtant la France va innover avec de nombreuses alliances de revers au cours du XXème siècle, avec la Russie avant 1914, puis l’Europe orientale dans les années 20 en Pologne, Roumanie, Tchécoslovaquie et Yougoslavie. A l’ouest, le rapprochement avec le Royaume-Uni est plus délicat, l’entente reste « cordiale » selon la fameuse expression.

La défaite de 1940 oblige à une remise en question radicale ; Vichy pointe la décadence morale tandis que de Gaulle remet en cause les institutions françaises. Un effort de redressement après guerre permet à la France d’avoir une croissance annuelle de 5,7% entre 1960 et 1973 et de 2,7% entre  1973 et 1980. A chaque fois, l’Etat joue un rôle capital, surtout concernant les activités de pointes, on parle de « colbertisme high-tech ».

La France entre décolonisation et guerre froide

Les français s’intéressaient peu à leur empire avant 1914, pour preuve il ne représentait que 10% du commerce extérieur français. L’empire colonial est le fruit d’une minorité d’acteur mais l’exposition universelle de 1931 fera découvrir au français « la plus grande France ». Pendant la seconde guerre mondiale, le pole de l’empire colonial est décisif, Gaston Monnerville déclara « sans l’empire, la France est une nation libérée. Avec l’Empire la France est un pays vainqueur ». La France est un vieux pays qui a été marqué par la décolonisation de l’Indochine en 1954 et de
l’Algérie en 1962. Malgré cette décolonisation parfois difficile, de Gaulle a voulu faire basculer La France dans les nouvelles réalités géopolitiques du XXème siècle et a réussi à s’affirmer face aux deux grands de la guerre froide : les USA et l’URSS. Il a d’abord refusé l’administration par l’AMGOT américaine que Roosevelt voulait lui imposer comme à un pays vaincu puis a réussi à jouer l’équilibre entre les deux géants. Par exemple, lors de la crise du mur de Berlin ou de la crise des missiles de Cuba, de Gaulle s’est positionné en soutien des Etats-Unis. A l’inverse, lors de la guerre du Vietnam, de Gaulle dénonce les agissements américains, il refuse également l’intégration de l’Angleterre, qu’il considère comme le cheval de Troie des américains, au sein des communautés européennes. Enfin, de Gaulle choisit de quitter le commandement intégré de l’OTAN en 1966.

Une spécificité géopolitique française ?

La France à une volonté de s’affirmer mais également une prétention à l’universel, Mitterrand évoquait « une sorte de poujadisme aux dimensions de l’univers ». Quant à De Gaulle, ce dernier veut redonner à la France son rang. La France a été marquée par ce que l’auteur nomme le « syndrome de Munich » (en référence au renoncement de la France à intervenir face à Hitler suite à l’invasion des sudètes). En abandonnant sa place dans le concert des nations, elle en a subi les conséquences directes à partir de Juin 1940. De plus, la France est parfois menacée d’engourdissement, par sa nostalgie, « Le malheur des Français, même ouvriers, ce sont les grands souvenirs »  et toutes les études d’opinion démontrent que les français sont l’un des peuples les plus inquiets pour leur avenir.
Deux axes d’ouverture s’offre à la France, soit en direction de la mer ou bien de la terre. Pourtant, en disposant de trois façades maritimes, la France semble être vouée à se disperser. Abondance ne signifie pas puissance. La France à longtemps paru hésiter entre la mer et la terre, entre l’atlantique et la méditerranée, entre la menace allemande et la menace anglaise. Historiquement, la France a été une grande puissance maritime a de nombreuses époques, sous louis XIV et Colbert, sous Louis XVI et Vergennes, dans l’entre deux guerres également avec la flotte bâtie par l’amiral Darlan.
Contrairement à une idée reçue les français s’expatrient ; « Barcelonnette au Mexique, bergers basques au Chili, Normand au Québec, Corses dans les colonies ». Sait-on qu’aux USA il y a plus d’habitants d’origine française qu’italienne ? Néanmoins c’est bien sur terre que s’est concentrée la géopolitique française. L’Italie et L’Espagne furent sous la monarchie des enjeux d’expansion et de puissance pourtant, c’est bien en direction de
l’est, et particulièrement de l’Allemagne que se sont cristallisés les efforts français, et ce pour plusieurs raisons :

– Paris est à 200 km à vol d’oiseau.
– Ce sont les provinces les plus riches d‘Europe (bassin parisien, plaine d’Alsace et de Flandre,
bassin charbonnier, fer lorrain etc.)
– L’enjeu de l’axe rhénan – ancienne Lotharingie convoitait par la France, l’Allemagne et
indirectement la Grande Bretagne.

Aujourd’hui, les frontières sont stabilisées, obligeant la France à se tourner en direction du sud, vers le monde méditerranéen et au delà l’Afrique. Pour l’auteur, les interventions en faveur des chrétiens du Liban, la construction du canal de suez, la colonisation ne sont que des intérêts par défaut. Les vrais enjeux sont à l’Est : « Depuis longtemps, la France n’a d’yeux que pour la frontière du Nord-Est et pour son puissant voisin allemand, à la fois menace et modèle ».

Lucas Leroux

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