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Fiche de lecture

La dernière bataille de France – Général Vincent Desportes

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Général Vincent Desportes dispose d’une grande visibilité médiatique et universitaire. Il multiplie les interventions publiques et oriente les débats relatifs aux questions de défense.

Son ouvrage « La dernière bataille de France » dresse un constat sur la situation de la France en matière de défense et propose des solutions pour mettre un terme à une situation qu’il considère comme particulièrement préoccupante.

Sept points principaux sont traités : Le budget de défense (I), Les OPEX récentes (II) l’Europe de la défense (III) Le « technologisme » (IV) le nucléaire (V) la pensée militaire en France (VI) L’Industrie de l’armement (VII

I) Budget défense : « lois de déprogrammations militaires »

● L’Armée Française est devenue une armée bonsaï ; A l’image de l’armée de terre et de l’évolution de ses effectifs, 350 000 hommes en 1984, 200 000 en 1998 et moins de 120 000 aujourd’hui. La quantité à pourtant une qualité qui lui est propre.
● Les raisons de cette réduction : On a préféré le Welfare au Warfare, selon le Général, le réel problème du budget français est « le service de la dette, la dotation aux établissements publics et les subventions aux associations »
● La baisse du budget de la défense à trois conséquences militaires principales :
– Peu d’investissement
– Pas de maintien en condition des équipements
– Un problème de préparation opérationnelle des forces

« Supprimer purement et simplement l’armée Française ne suffirait même pas à payer le service de la dette » p.19

II) OPEX récentes

● Rétrospective des trois dernières opérations de l’armée française que sont la Libye, la Centre Afrique et le Mali :
– « Harmattan » en Libye a été une erreur et a dégénéré. Cette opération a en parti provoqué une opération Barkhane pour réparer les dégâts sécuritaires. 80% du renseignement fourni pour la campagne aérienne de Libye venait des américains.
– « Sangaris» en RCA : Des moyens très insuffisants dès le départ et une adaptation micrométrique des volumes.
– « Serval » au Mali : 95% des acheminements stratégiques ont été effectués par des moyens étrangers. L’opération est une réussite mais avec une mise en danger de nos soldats (faible volume des forces, matériel vétuste).
Surprojection des forces et quantité insuffisante. L’Armée de Terre est comme « Sisyphe guerrier », reconquérant chaque matin ce qu’il a dû abandonner la nuit.Les forces Françaises mènent des opérations séquentielles et non parallèles.

«  La France ne peut plus lancer que les opérations pour lesquelles les Etats-Unis nous consentent leur soutien » p. 160

III) Europe de la défense

Il faut faire le constat aujourd’hui de l’échec de l’Europe de la Défense :

Le Battle group 1500 (groupements tactiques) n’a jamais été utilisé en onze ans alors que des occasions se sont présentées. Sans oublier que personne n’est venu aider la France au Mali.
● On ne partage que les capacités aériennes et navales, pas le prix du sang. On ne peut que constater qu’il y a des passagers clandestins européens
● Enfin, une critique de l’OTAN : L’OTAN nous aide à gagner des batailles mais nous prive des moyens de gagner des guerres.

« «  Nous sommes faibles, mettons en commun nos faiblesses pour faire une force européenne. » L’addition des faiblesses n’a jamais créé la force » p.64

IV) Critique du  « Technologisme »

● Le tout technologique est une vision américaine de la guerre selon laquelle la suprématie technique mène à une suprématie sur le terrain.
● On veut contrôler la guerre alors que dans la dialectique des forces, la surprise est inhérente, c’est un « processus d’innovation perpétuelle ».
● Ce tout technologique ne peut légitimer une armée  échantillonnaire, bonsaï, alors que l’on a des besoins quantitatifs «  gagner la guerre, c’est contrôler l’espace ».

« L’exponentielle technologique ne peut répondre à la repolitisation des affrontements. »p.103

V) Le nucléaire

● Il existe unlien consubstantiel entre la dissuasion nucléaire et les forces conventionnelles, deux piliers inséparables. La sacralisation du nucléaire est le parent pauvre de la réflexion stratégique.
● De plus on distingue des « Angles morts de la dissuasion nucléaire » :
– Pour dissuader les agressions au-dessous du seuil nucléaire.
– Une inadaptation faces aux actions asymétriques (terrorisme).
– Ainsi qu’un refus éthique et moral dans le monde d’aujourd’hui de son utilisation.
● On pourrait donc faire des économies sur le nucléaire :
-En ce qui concerne la composante aéroportée de la dissuasion nucléaire
– Critique de la « permanence à la mer » (SNLE toujours en capacité de lancer un missile nucléaire)
– En réduisant le renouvellement de missiles, 4 fois en 20ans (M45, M51.1 M51.2 et M51.3)

«  Le coût de la sacralisation du nucléaire, c’est la mort de sa pertinence : sanctuariser la dissuasion, c’est la condamner. C’est cher payé » p.118

VI) La pensée militaire, la France et son armée     

●  Une chape de plomb enferme la pensée militaire, une réelle rupture s’est opérée le 21 avril 1961. Dans les armées, la discipline doit être stricte mais la pensée doit être libre.
● Le Général Desportes critique cependant la syndicalisation des armées qui enlève toute efficacité à nos armées. La création d’association aboutissant inévitablement à la syndicalisation.
● En réalité les préoccupations des militaires sont connues, il suffit d’y apporter une réponse :
– Le sentiment d’une insuffisante considération,
– Un manque de moyens disponibles pour la préparation à la mission,
– Problème de perspectives de carrières,
– Conciliation difficile avec la vie familiale.

« LA CEDH impose à la France la création d’associations professionnelles dans les armées, triste constat : à défaut d’assurer sa propre défense, l’Europe veille à l’affaiblissement de celle de ses nations ! »p.133

VII) Industrie d’armement   

● Il faut promouvoir notre industrie de défense en augmentant les commandes publiques (La LPM 2014-2019 prévoit une baisse de 30% des commandes pour l’ensemble des armées !)
– Aujourd’hui cette industrie représente 165 000 emplois directs et indirects.
– On ne peut exporter que si nos matériels sont crédibilisés par l’achat et l’utilisation de ses équipements par les armées françaises (Exemple du Caesar, VAB et VBL).
– Risque de rupture car au-dessous d’un certain seuil de commandes; l’industrie de défense nationale s’expatrie, se reconvertit ou disparait.
● La France est de plus dans une situation de discontinuité capacitaire dans 4 domaines ;
le transport stratégique et opératoire, le ravitaillement en vol, l’arme SEAD – anti-défense aérienne – et le renseignement.
Il faut donc limiter notre dépendance, notamment vis-à-vis des matériels soumis aux règles américaines ITAR (International Traffic Arms Regulations) qui conditionnent les autorisations d’exportation et l’usage, y compris sur les théâtres d’opérations.
● Il défend la nécessité d’un Sister ship pour le porte-avions Charles de Gaulle.

« L’art opérationnel français possède sa personnalité qui n’est ni celle des armées américaines ni celle des armées allemandes » p.127.

Conclusion

«  Il est l’heure de penser enfin le temps long des stratégies, celui des générations futures, en laissant aux esprits médiocres le temps court des sondages et des rythmes électoraux. Français, exigez des armées pour la France : elle ne peut pas perdre ce qui serait alors sa dernière bataille. »

Lucas Leroux

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