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LA REVOLUTION DANS L’HISTOIRE

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LA RÉVOLUTION DANS L’HISTOIRE

 

« Les malheureux sont les puissances de la terre » Saint-Just

« L’affirmation totalitaire que tout peut être changé, a aujourd’hui montré qu’une chose, que tout peut être détruit » 
Hannah Arendt

Quel sens la révolution prend-elle au cours de l’histoire ? La révolution est-elle un moment ou la forme d’un régime ?

Dans l’antiquité́ et à l’époque médiévale, la révolte légitime, le soulèvement contre l’autorité́ et la désobéissance existaient. C’est à̀ partir de l’époque moderne qu’émerge la notion de « révolution ». En effet, le monde prémoderne acceptait que le peuple puisse avoir parfois le droit de décider qui ne devait pas le gouverner, mais c’est seulement grâce au concept moderne de révolution que celui-ci envisage de choisir ses représentants.

Le concept de révolution a évolué́ historiquement, on peut distinguer cinq étapes :

1ère étape : La révolution anglaise (1642)

 

Le fait que le mot révolution signifiait à l’origine restauration c’est-à-dire exactement ce qui pour nous signifie le contraire, n’est pas une simple bizarrerie sémantique. Les hommes étaient fermement convaincus de ne rien faire d’autre que restaurer un ordre ancien mis à̀ mal et bafoué par le despotisme de la monarchie absolue ou les abus du pouvoir colonial. La révolution anglaise s’inscrit dans cette régénération de la monarchie puisqu’elle va aboutir à la création de la monarchie parlementaire. En effet, la première révolution anglaise va entrainer l’exécution du roi Charles 1er en 1649 ; la monarchie est alors abolie et la république (Commonwealth d’Angleterre) est instaurée par Oliver Cromwell. Puis, la Déclaration des droits (Bill of Right) de 1689 viendra instaurer la monarchie parlementaire suite à la seconde révolution d’Angleterre.

2ème étape : La question du régime lors de la révolution américaine (1776)

 

La révolution américaine marque un pas supplémentaire puisqu’elle consacre l’indépendance d’un peuple face à un pouvoir royal et qu’elle permet la mise en place d’un nouvel État (une république fédérale). Elle consacre un gouvernement démocratique à l’échelle d’un continent. Ainsi, la révolution n’est plus une restauration comme en Angleterre, elle devient un principe vital qui instaure un « Novus ordo seclorum » (nouvel ordre mondial).

3ème étape : La question sociale au cœur de la révolution française (1789)

 

La révolution française souhaite promouvoir la souveraineté́ populaire contre la monarchie de Louis XVI, elle met au cœur de la révolution la notion d’égalité́. La question sociale n’a commencé́ à jouer un rôle révolutionnaire qu’à l’époque moderne, lorsque l’on s’est mis à douter que la pauvreté́ soit inhérente à la condition humaine. La révolution ne vise plus la liberté́, son but devient le « bonheur du peuple ». On transforme les droits de l’homme en droits des Sans-culottes. Hannah Arendt nous explique que « le rôle de la révolution n’était plus de libérer les hommes de l’oppression de leurs semblables mais de libérer le processus vital de la société́ des fers de la pénurie pour lui permettre de croitre dans l’abondance ». Cet héritage sera revendiqué́ par le socialisme, s’appuyant sur le prolétariat pour promouvoir la révolution sociale.

 

4ème étape : La révolution permanente des totalitarismes au XXème siècle

 

Les mouvements révolutionnaires qui postulent la lutte des classes ou bien la lutte des races se sont imposés en renversant le pouvoir mais également en proposant l’idée d’un nouveau régime qui serait une révolution permanente portée par une avant- garde révolutionnaire. La révolution cesse d’être un moment pour devenir un processus. Elle est à la fois d’ordre politique mais touche également à l’individu puisqu’elle fait table rase du passé́ pour annoncer un homme nouveau. On peut donc parler d’une « révolution comme régime » pour désigner le fascisme italien, le communisme russe et le national-socialisme allemand.

 

5ème étape : Le libéralisme des vainqueurs

 

La fin des révolutions ?

Le rêve d’une fin de l’histoire, selon l’expression de Fukuyama, et des conflits tragiques qui l’accompagnent fait suite à l’effondrement de l’URSS et au développement de la société́ de consommation. L’État providence et le réformisme de la social-démocratie revendiquent des droits toujours plus nombreux pour les individus et non des droits collectifs, dès lors les hommes ne luttent plus collectivement. J. Ellul développe un autre argument pour justifier la fin des révolutions. Selon lui, la société́ à partir des années 90 est « technicienne », personne n’incarne le pouvoir, des processus techniques et technologiques autonomes orientent la politique. Il devient impossible de faire une révolution dans cette société́ sans responsable. Dans son œuvre, autopsie d’une révolution, il indique : « pour qu’il y ait révolution, il faut un nom qui désigne l’adversaire. La révolution ne peut se faire que contre quelqu’un. Mais ici, il n’y a personne qui représente la technique, qui soit responsable de la société́ technicienne. »

 

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