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Le secret et la politique

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Avant-propos

« Qui ne sait pas dissimuler ne sait pas régner » était la maxime favorite de Louis XI.
« Que pour être efficace il faut cacher ses intentions ! » Nicolas Machiavel – Discours sur la première Décade de Tite-Live
« Franc-maçonnerie: Encore une des causes de la Révolution! Les épreuves de l’initiation sont terribles. Cause de dispute dans les ménages. Mal vue des ecclésiastiques. Quel peut bien être son secret ?» Gustave Flaubert

Le secret est-il le garant du pouvoir ? Peut-on parler d’un gouvernement secret ?

Genèse de la notion de secret

Du Moyen Age au XXème siècle, lexercice du pouvoir rimait avec lidée dopacité, de secret. Que ce soient les complots politiques, les tractations commerciales ou bien les accords diplomatiques secrets, le Roi agissait dans lombre. Cest également par lusage de ce quon nommait le « secret du roi », mis en place par Louis XV, que lon assurait la sécurité du royaume.

Cest Machiavel, dans son œuvre Le Prince, qui conseille les puissants de son époque et les incite à abandonner lidéal chevaleresque et catholique de perfection pour adhérer à un mode de gouvernement plus rationnel et utilitaire basé sur le secret. Ainsi, lidéal de maîtrise remplace lidéal de perfection et il promeut le secret dans toutes ses variantes (simulation, dissimulation, mystère) comme moyen de gouverner le peuple. On pourrait selon les termes de Max Weber dans son oeuvre le savant et le politique parler du passage dune éthique de conviction à une éthique de responsabilité . Ainsi, la nation et le pouvoir politique pour perdurer et répondre aux enjeux stratégiques doivent agir dans le secret, abandonnant la morale au nom de la responsabilité du bien commun.

Secret et pouvoir

Le secret appliqué à LEtat comme mode de gouvernement dans sa forme la plus occulte sappelle la Raison dEtat. On appelle raison dEtat, une dérogation du droit commun pour une durée normalement limitée pendant laquelle le souverain agit de manière purement discrétionnaire au nom du bien commun. Cette capacité à user du secret au plus haut niveau de lEtat pour les intérêts supérieurs est àpréciser ; pour Giovani Botero, le secret est acceptable lorsquil est compris comme dissimulation, cest-à-dire  comme occultation, « un semblant de ne savoir, ou de ne se soucier de ce que lon sait et lon estime » tant dis que le secret associé comme simulation (feinte, ruse, tromperie) est inacceptable.

 Que le secret soit compris comme dissimulation ou simulation, il permet au pouvoir de sisoler, de se séparer du reste de la société, il est coupé du corps social par lintermédiaire du secret. Selon lethnologue George Balandier,  cest cette séparation qui donne au pouvoir un caractère sacré et qui légitime sa présence.

Sociétés secrètes, lobbying et politique

LEtat moderne et la République attribuent au peuple une importance majeure en contribuant par la révolution française à faire passer les gouvernés du statut de Sujet  au statut de Citoyen. Pour autant, persiste encore au lendemain de la révolution ainsi qu’aujourd’hui  une élite, une aristocratie de robe qui fait office dintermédiaire entre les puissants et les peuples. Ce corps intermédiaire se regroupe historiquement dans des clubs (jacobins), des salons, puis aujourdhui sous forme de fraternités étudiantes, de mafias, de sociétés secrètes, des thinks tanks où se développent certaines décisions et idées politiques. La franc-maçonnerie par exemple en France, la Skull and Bones aux Etats Unis, ou encore lOpus Déi en Italie sont des réseaux discrets qui entretiennent avec les pouvoirs publiques des relations ambivalentes (rivalité, soutien, influence, lobbying etc.)…

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